Pendant plusieurs semaines, les élèves de 2nde1 et 2nde3 se sont frottés à un exercice de haut vol : écrire une nouvelle naturaliste, à plusieurs, avec pour toile de fond l’une des deux guerres mondiales. Un défi relevé dans le cadre du cours de français de Mme Gobbato, et accompagné par Joelle Gonzalez, intervenante extérieure passionnée d’écriture et de récits bien ficelés. Rien que ça.
Le naturalisme, ce n’est pas que des descriptions interminables de charbonnages ou de tragédies ouvrières - c’est aussi une immersion dans le réel, documentée, incarnée, presque journalistique. Pour coller à l’esprit de cette esthétique littéraire, les élèves ont dû œuvrer en équipe, bâtir des personnages crédibles, se plonger dans un contexte historique précis tout en veillant à rendre leur fiction authentique et fidèle aux codes d'une écriture minutieuse, attentive aux détails réalistes.
Et ils n’ont pas fait les choses à moitié. Les récits imaginés par les groupes se sont nourris de recherches documentaires solides, retraçant les ambiances boueuses des tranchées, les traumatismes de l’arrière, les parcours de femmes ou de prisonniers et les amours tragiques. Ils se sont aussi appuyés sur des témoignages d’époque, notamment des échanges épistolaires ou des textes de soldats - écrits personnels ou correspondances du front - qui donnent à leurs fictions une vraie dimension humaine et sensible.
Cette recherche de fidélité à la réalité a d’ailleurs été au cœur de leurs réflexions. Pour Lisa (2nde 1), pas de doute : « La contrainte de la nouvelle naturaliste nous a permis de présenter une réalité la plus fidèle possible afin de la comprendre. » Mais attention, rigueur ne veut pas dire rigidité ! prévient Luna (2nde1): « On pouvait laisser place à notre imagination, la seule contrainte étant de parler de la guerre, mais de façon très documentée. » Exigence, créativité, documentation, invention… Une tension fertile, où chacun a dû trouver sa voix (et sa voie !).
Cet équilibre entre liberté et rigueur n’a pas toujours été simple à trouver : « Se mettre à la place d’un personnage et percevoir ce qu’il aurait pu ressentir, cela était assez difficile », confie Ema (2nde 3). Pour d’autres, le défi fut surtout intellectuel : « Ce travail apprend à ouvrir notre esprit à différentes perspectives possibles », estime Lucas (2nde 3).
Cependant cette aventure littéraire n’a pas été qu’un marathon cérébral. Elle a aussi favorisé des échanges et une meilleure connaissance entre les élèves. Martim (2nde 3) en témoigne : « ce travail collaboratif a permis de mieux connaître les personnes de mon groupe, à qui je n’avais jamais parlé.» Une dimension humaine importante, confirmée par Enola (2nde 1), qui en tire une leçon plus large : « Travailler en groupe nous a aidés car on a pu échanger, débattre pour défendre nos idées et ainsi trouver un compromis mais aussi accepter les idées d’autrui. » (Sans se disputer - c’est pas mal)
Pour la classe de 2nde3, ce travail s’inscrivait dans une progression pédagogique amorcée dès octobre 2024, avec la rencontre au CDI de l’autrice Nathalie Bernard, invitée par la professeure documentaliste lors du Salon du livre « Beaupuy se livre ». Cette intervention avait permis aux élèves de découvrir le travail d’écrivain et de réfléchir aux processus d’écriture, qu’ils ont ensuite pu réinvestir lors de l’atelier mené par Joëlle Gonzalez, qui en gardera un excellent souvenir : « J’ai eu beaucoup de plaisir à animer cet atelier auprès de ces deux classes. J’ai été impressionnée par les idées, les fictions et le style de narration imaginés par les élèves. »
Les élèves, eux aussi, y ont trouvé leur compte. Leurs retours montrent à quel point ce travail d’écriture les a fait réfléchir - parfois les a un peu challengés, bousculés dans leurs habitudes - mais aussi rapprochés et a élargi leurs horizons. Une expérience marquante, à en croire Lucas (encore lui !) : « Il ne faut pas être trop têtus et savoir écouter les idées des autres et avouer que notre idée est moins pertinente afin que l’histoire puisse avancer »
Un pari gagné, donc, pour leur enseignante de français, Madame Gobbato, puisque pour elle, « ce projet collaboratif devait permettre aux élèves de structurer une histoire, bâtir des personnages, s’approprier des faits historiques et surtout, développer des compétences essentielles pour travailler en groupe ».
Rien n’a été laissé au hasard, car chaque étape a permis aux élèves de s’engager pleinement dans cette expérience littéraire et de dépasser leurs propres limites.
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